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Fin des scénarios S1/S2/S3 drone : STS-01, STS-02 et CATS en 2026

Au 1er janvier 2026, les scénarios nationaux S1/S2/S3 ont disparu au profit des STS-01/STS-02 européens et du certificat CATS. Ce qui change pour les pros.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, un opérateur qui parle encore de « scénario S3 » parle d’un cadre qui n’existe plus. La France a définitivement tourné la page de ses scénarios nationaux S1, S2 et S3 pour basculer sur le système européen harmonisé. Pour un client qui commande une prestation drone, ce changement est invisible — jusqu’au jour où il découvre que son prestataire vole sous un régime périmé, avec une assurance qui pourrait ne plus couvrir la mission.

Cet article fait le point clair sur ce qui a réellement changé : la disparition des scénarios S1/S2/S3, l’arrivée des scénarios standard européens STS-01 et STS-02, le nouveau certificat CATS, et le point de friction dont personne ne parle — les drones doivent désormais être classés C5 ou C6. Pour le cadre général (où voler, AlphaTango, zones interdites), voyez notre guide de la réglementation drone 2026 ; ici, on se concentre sur la bascule des scénarios.

Ce qui a disparu au 1ᵉʳ janvier 2026

Jusqu’à fin 2025, la France appliquait trois scénarios standard nationaux pour les vols professionnels en catégorie Spécifique :

  • S1 — vol à vue, hors zone peuplée ;
  • S2 — vol hors vue, hors zone peuplée ;
  • S3 — vol en zone peuplée (agglomération).

Ces trois scénarios ont été supprimés le 1ᵉʳ janvier 2026, à la fin de la période de transition prévue par le règlement européen UE 2019/947. Conséquence directe et souvent ignorée : toutes les déclarations d’activité fondées sur les anciens scénarios S1, S2 et S3 sont devenues caduques à cette date. Un opérateur qui n’a pas mis à jour sa déclaration sur AlphaTango est, depuis janvier, techniquement hors cadre.

Pourquoi la France a basculé sur le système européen

Ce changement n’est pas une lubie administrative française : c’est l’aboutissement du règlement européen UE 2019/947, qui pose depuis 2019 un cadre unique pour les drones dans toute l’Union. L’objectif est double. D’abord, harmoniser : un opérateur déclaré en STS-01 en France peut, sur cette base commune, opérer plus facilement dans un autre État membre, là où les anciens scénarios S1/S2/S3 étaient purement nationaux et non reconnus ailleurs. Ensuite, fiabiliser : en liant chaque scénario à une classe de drone certifiée (C5, C6), le régulateur garantit que l’appareil utilisé répond à des exigences de sécurité vérifiables (système anti-collision, limitation de hauteur, fiabilité de la liaison).

La bascule était connue de longue date : des périodes de transition ont été accordées puis prolongées, mais elles se sont définitivement closes le 31 décembre 2025. Les opérateurs avaient donc jusqu’à la fin 2025 pour renouveler leur déclaration d’activité et choisir leur(s) scénario(s) STS. Ceux qui ne l’ont pas fait ne sont pas « en sursis » : ils sont hors cadre depuis janvier, avec les conséquences assurantielles que cela implique.

Les nouveaux scénarios standard européens : STS-01 et STS-02

À la place, la France applique désormais les scénarios standard européens (STS), identiques dans toute l’Union. Deux scénarios remplacent les trois anciens.

STS-01 — vol à vue en zone peuplée

Le STS-01 couvre les vols à vue (VLOS) au-dessus d’une zone contrôlée au sol, y compris en environnement peuplé. C’est le scénario qui recouvre l’essentiel des missions urbaines : immobilier en ville, inspection de façades et de toitures, captation événementielle, suivi de chantier en agglomération. Il impose un drone de classe C5.

STS-02 — vol hors vue en zone peu peuplée

Le STS-02 encadre les vols hors vue (BVLOS) en zone faiblement peuplée, avec des observateurs d’espace aérien. Il concerne les missions de longue portée — linéaires (lignes électriques, voies ferrées, cours d’eau), grandes parcelles agricoles, sites industriels étendus. Il impose un drone de classe C6.

La logique a donc changé de nature : on ne raisonne plus par « densité de population » comme avec les S1/S2/S3, mais par couple vol à vue / hors vue + classe de drone.

Le CATS, nouveau certificat théorique

Le volet « pilote » a lui aussi été refondu. Pour exercer en catégorie Spécifique, le télépilote doit désormais être titulaire du CATS (Certificat d’Aptitude Théorique de télépilote en catégorie Spécifique), qui remplace l’ancien examen théorique national.

D’après la DGAC, les conditions sont précises :

  • Prérequis : être titulaire de l’attestation de formation UAS Open A1/A3 ou du BAPD (Brevet d’Aptitude de Pilote à Distance) ;
  • Inscription via le portail OCEANE de la DGAC, pour une redevance de 30 € (gratuit pour les demandeurs d’emploi) ;
  • Examen : 60 questions, 1 h 30 maximum, sur ordinateur dans un centre DSAC (Aix-en-Provence, Lyon, Paris-Orly, Toulouse, etc.) ;
  • Certificat téléchargeable sous 7 jours dans le compte OCEANE.

Concrètement, un prestataire sérieux doit pouvoir vous indiquer qu’il est titulaire du CATS et déclaré en STS-01 et/ou STS-02 sur AlphaTango — et non plus « certifié S1/S2/S3 ».

Le point de friction dont personne ne parle : les drones classés C5/C6

C’est ici que la transition se complique. Les scénarios STS exigent un drone marqué de sa classe (le fameux logo « C5 » ou « C6 » apposé sur l’appareil). Or la grande majorité des drones professionnels en service ne sont pas classés : les Mavic 2, Phantom 4 et autres modèles antérieurs ne peuvent tout simplement pas voler en STS.

Même sur les modèles récents, la situation est nuancée : un DJI Mavic 3 « de base » reste cantonné à la catégorie Ouverte (A1), tandis que seuls certains modèles haut de gamme (Mavic 3 Pro, Pro Ciné, Enterprise) peuvent recevoir une mise à niveau en classe C5 (kit + mise à jour) pour opérer légalement en zone peuplée via le STS-01 (détails matériel).

En pratique, cela signifie qu’un prestataire qui veut filmer en ville en 2026 doit posséder un drone effectivement classé C5 — pas seulement un « bon drone ». La DGAC a prévu des dispositions transitoires pour certains usages, mais leur portée évolue : mieux vaut vérifier que le matériel annoncé est réellement conforme.

Cette contrainte a un coût réel pour les opérateurs sérieux : il faut soit investir dans un appareil nativement classé, soit passer par un kit de mise à niveau C5 homologué (matériel + mise à jour logicielle) sur les modèles compatibles, puis re-déclarer son activité. C’est précisément ce qui sépare, en 2026, un prestataire professionnel à jour d’un opérateur resté sur un parc et des déclarations périmés. Pour le client, la bonne nouvelle est que cette barrière fait le tri : un prestataire capable de justifier un drone classé C5 et une déclaration STS-01 à jour démontre, de fait, son sérieux réglementaire — un gage de tranquillité, notamment vis-à-vis des syndics, ports et collectivités qui exigent une attestation d’assurance valide avant toute intervention.

Ce que ça change pour vous, client

Pour un propriétaire, une agence ou une collectivité qui commande une prestation drone, trois réflexes simples permettent de s’assurer qu’on travaille avec un opérateur à jour en 2026 :

  1. Demandez le scénario, pas le « S3 » : un prestataire conforme parle de STS-01 (zone peuplée) ou STS-02, pas de scénarios nationaux supprimés.
  2. Vérifiez le CATS : c’est le certificat théorique en vigueur. Une attestation « scénarios S1/S2/S3 » seule n’est plus suffisante.
  3. Le drone est-il classé ? Pour une mission en ville, demandez si l’appareil est marqué C5. C’est la condition matérielle du vol légal en zone peuplée.

Au-delà de la conformité, l’enjeu est assurantiel : une assurance responsabilité civile professionnelle peut refuser sa garantie si le vol a été réalisé hors du cadre réglementaire en vigueur. La mise à jour des scénarios n’est donc pas une formalité administrative — c’est ce qui protège le client en cas d’incident.

Où en est Vision’Air Production

Chez Vision’Air Production, la bascule est faite : nos vols sont opérés par un télépilote titulaire du CATS, déclaré en scénarios standard européens STS-01 et STS-02, avec un matériel conforme et une assurance responsabilité civile professionnelle Allianz à chaque mission. Que ce soit pour une captation immobilière en centre-ville, une inspection technique ou un suivi de chantier, la préparation réglementaire — déclaration AlphaTango, vérification de l’espace aérien, autorisations préfectorales si besoin — est intégrée à chaque devis. Les définitions techniques sont par ailleurs détaillées dans notre glossaire du drone professionnel.

À retenir

  • Les scénarios S1, S2 et S3 n’existent plus depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 ; les déclarations fondées sur eux sont caduques.
  • Ils sont remplacés par les scénarios standard européens STS-01 (vol à vue, zone peuplée, drone C5) et STS-02 (hors vue, zone peu peuplée, drone C6).
  • Le télépilote doit désormais détenir le CATS (examen théorique européen, via OCEANE).
  • Le vrai obstacle pratique : les drones doivent être classés C5/C6 — beaucoup de modèles en service ne le sont pas.
  • Côté client : exigez STS-01/STS-02 + CATS + drone classé, pas un « scénario S3 » qui trahit un cadre périmé.

Cet article a une vocation informative. Pour le détail réglementaire officiel, consultez les pages de la DGAC sur la catégorie spécifique et le règlement européen UE 2019/947.

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Par Vision'Air Production
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