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Classes de drones C0 à C6 : laquelle pour quel usage en 2026 ?

Marquage CE, classes C0 à C6, catégories Ouverte et Spécifique : le guide pour comprendre ce que votre drone a vraiment le droit de faire en 2026.

Sur le flanc de chaque drone vendu dans l’Union européenne figure désormais un petit logo qui change tout : un marquage de classe, de C0 à C6. Longtemps anecdotique pour beaucoup d’utilisateurs, ce marquage est devenu, en 2026, le critère qui détermine ce qu’un drone a réellement le droit de faire, et, pour un professionnel, s’il peut tout simplement voler en mission ou non.

Ce guide décrypte le système de classes : ce que signifie chaque marquage, à quelle catégorie de vol il donne accès, et pourquoi il est devenu décisif depuis la bascule réglementaire du 1ᵉʳ janvier 2026. Si vous cherchez le détail de cette bascule (scénarios, certificat CATS), voyez notre article sur la fin des scénarios S1/S2/S3 ; ici, on se concentre sur le matériel.

Qu’est-ce que le marquage de classe C0 à C6 ?

Le marquage de classe découle du règlement européen UE 2019/945, qui encadre les drones en tant que produits. Depuis janvier 2024, tout drone commercialisé dans l’UE doit porter un marquage CE de classe, de C0 à C6, attribué selon ses caractéristiques techniques : masse, vitesse, équipements de sécurité (limitation de hauteur, identification à distance, géovigilance, mode basse vitesse…).

Ce marquage n’est pas une formalité esthétique. Il conditionne directement la catégorie d’opération autorisée, les équipements obligatoires et les certifications requises pour le télépilote. Concrètement, un même type de mission peut être permis ou interdit selon la classe du drone utilisé. La référence officielle est tenue à jour par l’EASA, l’agence européenne de la sécurité aérienne.

Une précision utile avant d’entrer dans le détail : la classe d’un drone n’a de sens qu’au regard de la catégorie d’opération. La réglementation européenne distingue trois catégories selon le risque : Ouverte (faible risque, sans autorisation), Spécifique (risque modéré, sur déclaration ou autorisation) et Certifiée (risque élevé, type transport de personnes, hors sujet ici). Le marquage C0 à C6 sert précisément à savoir, d’un coup d’œil, dans quelles catégories et sous-catégories un appareil peut évoluer. C’est cette logique « une classe = des usages autorisés » qu’il faut garder en tête.

Les classes de la catégorie Ouverte (faible risque)

La catégorie Ouverte regroupe les vols à faible risque, sans autorisation d’exploitation spécifique (au-delà de l’enregistrement de l’exploitant). Elle se subdivise en trois sous-catégories (A1, A2, A3) auxquelles correspondent les classes C0 à C4.

  • C0 (moins de 250 g) : la classe des micro-drones. Vol en sous-catégorie A1, hauteur limitée à 120 m. C’est la classe la plus permissive pour le loisir, sans examen de télépilote.
  • C1 (moins de 900 g) : également A1, mais avec identification à distance et géovigilance. Le survol intentionnel de personnes non participantes reste interdit.
  • C2 (moins de 4 kg) : vol en sous-catégorie A2, à proximité des personnes, en respectant une distance horizontale de sécurité (de l’ordre de 30 m, réductible en mode basse vitesse). Nécessite le brevet d’aptitude A2.
  • C3 et C4 (jusqu’à 25 kg) : vol en sous-catégorie A3, loin des personnes (à au moins 150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives). La C4 désigne les appareils sans modes automatiques (proches de l’aéromodélisme).

En clair : en catégorie Ouverte, plus le drone est lourd, plus il doit s’éloigner des personnes et des zones bâties.

Les classes de la catégorie Spécifique : C5 et C6

C’est ici que se jouent les opérations professionnelles les plus exigeantes. Les classes C5 et C6 sont conçues pour la catégorie Spécifique, c’est-à-dire les opérations à risque plus élevé qui nécessitent le certificat européen CATS et une déclaration sur AlphaTango. Toutes les missions en zone habitée n’en relèvent pas : depuis 2026, une partie d’entre elles se traite en catégorie Ouverte, comme expliqué plus bas.

  • C5 : la classe requise pour le scénario standard européen STS-01, vol à vue (VLOS) au-dessus d’une zone peuplée. C’est la configuration des missions urbaines qui sortent du cadre de la catégorie Ouverte : drone lourd, survol d’une zone au sol contrôlée, proximité de tiers impossible à respecter autrement. Depuis 2026, une partie des captations urbaines légères relève au contraire de l’Ouverte, nous y venons plus bas. Un drone C5 est généralement un appareil de type C3 complété d’équipements de sécurité (mode basse vitesse, dispositif lumineux, parfois système de réduction d’effet au sol).
  • C6 : la classe requise pour le scénario STS-02, vol hors vue (BVLOS) en zone peu peuplée, avec observateurs d’espace aérien. Elle vise les missions de longue portée : linéaires, grandes parcelles, sites industriels étendus, avec des exigences renforcées de navigation et de géovigilance.

Autrement dit : pas de C5, pas de vol en STS-01. C’est la règle matérielle qui structure la catégorie Spécifique. Elle ne signifie pas pour autant que toute mission urbaine réclame un C5 : depuis 2026, une autre voie existe en catégorie Ouverte, et nous y venons plus bas.

Pourquoi la classe est devenue décisive en 2026

Jusqu’à fin 2025, la France appliquait ses scénarios nationaux S1/S2/S3, qui toléraient des drones non marqués sous certaines conditions transitoires. Cette tolérance a pris fin : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, seuls les scénarios européens STS-01 et STS-02 sont valides, et ils imposent respectivement un drone C5 ou C6.

Conséquence immédiate : un grand nombre d’appareils encore en service ne peuvent plus voler en catégorie Spécifique. Les modèles non classés (Mavic 2, Phantom 4 et autres antérieurs au système de marquage) en sont exclus. Même les drones récents ne sont pas tous éligibles : un Mavic 3 « de base » reste cantonné à la catégorie Ouverte, tandis que seuls certains modèles haut de gamme peuvent recevoir une mise à niveau en classe C5 (kit + mise à jour logicielle) pour opérer en catégorie Spécifique.

La nuance de 2026 que beaucoup ignorent : la ville n’exige plus le C5

Le même 1ᵉʳ janvier 2026, un second texte a ouvert une porte que l’on oublie souvent. L’arrêté du 23 décembre 2025 autorise les exploitants professionnels disposant d’un SIRET à voler en catégorie Ouverte au-dessus de l’espace public en agglomération, avec un drone C0, C1 ou C2, ce qui était auparavant réservé à la catégorie Spécifique.

Les conditions ne sont pas optionnelles, et elles sont plus nombreuses qu’on ne le croit :

  • le vol doit s’inscrire dans l’activité professionnelle de l’exploitant, enregistré comme exploitant UAS sur AlphaTango ;
  • le télépilote doit détenir l’attestation A1/A3, et le brevet A2 pour un C2 ;
  • la déclaration préfectorale préalable doit être déposée (formulaire CERFA 15476*04, préavis de dix jours ouvrables) ;
  • la hauteur reste limitée à 120 m ;
  • et surtout, en A1 (C0, C1), le survol des personnes non participantes reste interdit ; en A2 (C2), la distance de sécurité de la sous-catégorie doit être tenue.

Autrement dit : c’est l’espace public qui s’ouvre, pas le survol des passants. C’est la nuance qui décide, en pratique, si une rue passante est filmable ou non.

Autrement dit : le C5 n’est plus la seule voie pour filmer en ville. Il reste indispensable pour opérer en STS-01, c’est-à-dire pour les missions qui sortent du cadre de l’Ouverte : drone plus lourd, survol d’une zone au sol contrôlée, configuration que l’Ouverte n’autorise pas. Beaucoup de captations urbaines courantes, elles, sont réalisables en Ouverte avec un appareil léger correctement déclaré.

Pour un opérateur professionnel, la classe du parc matériel n’est donc plus un détail technique : c’est une condition d’exercice. Et pour un client, c’est devenu un critère de sélection objectif.

Drone classé ou non : l’état du parc professionnel en 2026

La transition ne s’est pas faite sans heurts, et le marché reste en partie en rattrapage. Côté constructeurs, l’offre de drones nativement classés s’est étoffée, mais elle ne couvre pas encore tous les usages ni toutes les gammes de prix. L’EASA tient à jour une liste officielle des drones approuvés par classe, qui s’allonge régulièrement mais reste limitée au regard du parc en circulation.

Pour les opérateurs équipés de modèles récents non marqués d’origine, la voie de sortie passe souvent par un kit de mise à niveau (« classification » a posteriori) homologué pour faire passer l’appareil en C5, voire en C6 selon le modèle. Cette opération combine du matériel (dispositif lumineux, mode basse vitesse, parfois système de protection) et une mise à jour logicielle, suivie d’une re-déclaration d’activité. Tous les drones n’y sont pas éligibles : c’est généralement réservé aux modèles professionnels haut de gamme.

Conséquence pour le marché : un tri s’est opéré entre les prestataires qui ont investi pour rester conformes et ceux qui continuent, parfois sans le dire, à opérer avec un parc périmé. Pour un client, vérifier la classe du matériel est donc devenu un moyen simple et objectif de distinguer un professionnel à jour. Le système de marquage, pensé pour la sécurité, est aussi devenu un gage de fiabilité commerciale.

Ce que ça change pour vous

Que vous soyez un particulier curieux ou un donneur d’ordre qui commande une prestation, retenez quelques repères simples :

  1. Regardez le marquage. Le logo de classe (C0, C1, C2… C6) est apposé sur le drone et figure dans sa documentation. Il dit immédiatement à quoi l’appareil a droit.
  2. Pour une mission en ville, deux cadres sont possibles depuis 2026. Soit la catégorie Ouverte, avec un drone C0, C1 ou C2, un exploitant professionnel immatriculé et une déclaration préfectorale déposée dans les délais. Soit le STS-01, qui exige un drone C5 et devient nécessaire dès que l’opération sort du cadre de l’Ouverte. Ce qui reste vrai dans tous les cas : sans déclaration préfectorale déposée dans les délais, le vol en agglomération est hors cadre ; et un drone non classé de plus de 250 g, cantonné à la sous-catégorie A3, ne peut pas y voler.
  3. Classe, certification et assurance vont ensemble, mais pas les mêmes selon la voie. Sur la voie STS-01, un drone C5 ne suffit pas : il faut un télépilote titulaire du CATS et une déclaration STS-01 à jour. Sur la voie Ouverte, l’attestation A1/A3 ou le brevet A2 remplace le CATS. Dans les deux cas, l’assurance responsabilité civile professionnelle reste indispensable.

Un dernier réflexe, valable pour tout donneur d’ordre : demandez une attestation. Un prestataire sérieux fournit sans difficulté, avant la mission, la preuve de la classe de son drone, de la qualification de son télépilote (le CATS sur la voie STS-01, l’attestation A1/A3 ou le brevet A2 sur la voie Ouverte), de sa déclaration préfectorale et de son assurance. C’est d’ailleurs souvent exigé par les syndics, ports, collectivités et gestionnaires de sites avant d’autoriser un vol sur leur domaine. Ce simple document vous évite, en cas d’incident, de découvrir que la mission a été réalisée hors cadre.

Chez Vision’Air Production, nous opérons avec un matériel conforme et un télépilote titulaire du CATS, déclaré en STS-01 et STS-02 : de la captation immobilière et corporate en centre-ville aux missions plus techniques. Les termes employés ici sont par ailleurs définis dans notre glossaire du drone professionnel.

À retenir

  • Le marquage de classe C0 à C6 (règlement UE 2019/945, obligatoire à la vente depuis 2024) détermine ce qu’un drone a le droit de faire.
  • Catégorie Ouverte : C0/C1 (A1, près des personnes sous conditions), C2 (A2), C3/C4 (A3, loin des personnes).
  • Catégorie Spécifique : C5 pour le STS-01 (vol à vue au-dessus d’une zone au sol contrôlée en environnement peuplé), C6 pour le STS-02 (hors vue, zone peu peuplée).
  • Depuis 2026, sans drone classé C5/C6, pas de vol en catégorie Spécifique : beaucoup d’appareils anciens sont exclus.
  • Mais la ville n’est plus réservée au C5 : l’arrêté du 23 décembre 2025 ouvre l’agglomération à la catégorie Ouverte (C0, C1, C2) pour les exploitants professionnels, sous déclaration préfectorale préalable.
  • Côté client : le marquage de classe est un critère de sérieux aussi important que le CATS et l’assurance.

Cet article a une vocation informative. Pour la liste officielle et les exigences détaillées, consultez les ressources de l’EASA sur les classes de drones et le règlement européen UE 2019/945.

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Par Vision'Air Production · Mis à jour le 2 septembre 2026
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