Pourquoi la préparation du chantier conditionne la qualité des livrables
Un survol drone sur chantier produit des données précises et exploitables : ortho-photos géoréférencées, modèles 3D, calculs volumétriques. Mais la qualité de ces livrables dépend directement des conditions dans lesquelles le vol est réalisé. Un chantier mal préparé, c’est un vol retardé, des données inexploitables ou des zones non couvertes.
Ce guide s’adresse aux conducteurs de travaux, chefs de chantier et maîtres d’ouvrage qui souhaitent tirer le meilleur parti du suivi de chantier par drone. Voici les bonnes pratiques à appliquer avant chaque intervention.
1. Dégager les zones de décollage et d’atterrissage
Le drone a besoin d’un espace plat et dégagé pour décoller et atterrir en sécurité. Idéalement, cette zone doit répondre aux critères suivants :
- Surface plane d’au moins 3 m x 3 m, exempte de débris et de poussière excessive
- Dégagement vertical suffisant : pas de lignes électriques, de câbles de grue ou de structures en surplomb
- Accès facile pour le télépilote et son matériel (proximité du parking ou de l’entrée de chantier)
- Position stratégique permettant une couverture optimale du site sans obstacle immédiat
Si le chantier est étendu, plusieurs zones de décollage peuvent être nécessaires. Nous les définissons ensemble lors du repérage préalable.
2. Informer et sécuriser les équipes sur site
La sécurité est la priorité absolue de chaque intervention. Le personnel du chantier doit être informé du survol à l’avance.
Actions à prévoir
- Prévenir le coordonnateur SPS et inscrire le survol dans le registre de chantier
- Informer les équipes de la date et de l’heure du vol (affichage, réunion de chantier)
- Définir une zone d’exclusion au sol où aucune personne ne se trouvera pendant le vol
- Arrêter les grues et engins de levage le temps du survol, pour des raisons de sécurité et de qualité d’image
- Suspendre les travaux générateurs de poussière (démolition, terrassement actif) si possible pendant la durée du vol
Point important : l’arrêt temporaire des grues et des engins est souvent la contrainte la plus difficile à organiser. Planifier le survol en début ou en fin de journée permet de limiter l’impact sur la production du chantier.
3. Planifier en fonction de la météo et de la lumière
Les conditions météorologiques et lumineuses influencent directement la qualité des prises de vue et la faisabilité du vol.
Conditions optimales
| Paramètre | Condition idéale | À éviter |
|---|---|---|
| Vent | Inférieur à 30 km/h | Rafales supérieures à 40 km/h |
| Pluie | Temps sec | Pluie, brouillard, brume épaisse |
| Luminosité | Ciel légèrement couvert ou soleil modéré | Soleil rasant (ombres longues) ou zénith (ombres dures) |
| Horaire recommandé | 9h-11h ou 14h-16h | Aube, crépuscule, mi-journée en été |
| Température | 5 à 35 degrés | Gel (impact sur les batteries), canicule |
La lumière diffuse d’un ciel voilé est souvent préférable au plein soleil : elle réduit les contrastes et produit des ortho-photos plus homogènes. Nous surveillons les prévisions météo dans les jours précédant l’intervention et ajustons le planning si nécessaire.
4. Installer les points de repère au sol (GCP)
Pour obtenir une précision centimétrique sur les ortho-photos et les modèles 3D, des points de contrôle au sol (GCP, Ground Control Points) sont indispensables. Ces repères sont relevés au GPS différentiel et servent de référence lors du traitement photogrammétrique.
Recommandations pour les GCP
- Nombre : 5 à 8 GCP pour un chantier de taille moyenne, répartis uniformément sur l’emprise
- Visibilité : les cibles doivent être bien visibles depuis le ciel (couleur contrastée, taille suffisante)
- Positionnement : éviter les zones susceptibles d’être modifiées entre deux survols (tas de terre, zones de circulation d’engins)
- Pérennité : pour un suivi récurrent, des repères permanents (clous topographiques, plots béton) facilitent les comparaisons d’un survol à l’autre
Sur demande, nous pouvons assurer la mise en place et le relevé des GCP, ou travailler en coordination avec votre géomètre.
5. Définir la fréquence des survols selon les phases du chantier
La fréquence idéale de survol n’est pas fixe. Elle s’adapte au rythme d’avancement et aux besoins de suivi de chaque phase :
- Terrassement et fondations : survol hebdomadaire. Les volumes de terre évoluent rapidement, et les calculs volumétriques réguliers permettent de valider les situations de travaux.
- Gros œuvre : survol hebdomadaire à bimensuel. L’avancement structurel est visible et documentable à intervalles réguliers.
- Second œuvre et aménagements extérieurs : survol bimensuel à mensuel. L’évolution extérieure est plus lente, mais le suivi reste pertinent pour la documentation globale.
- Pré-réception et réception : survol ponctuel. Un relevé complet avant la réception constitue un dossier de référence pour les réserves et la garantie.
Nous recommandons de fixer le calendrier des survols dès le démarrage du chantier et de l’intégrer au planning général de l’opération.
6. Ce que vous recevez après chaque survol
Chaque intervention donne lieu à la livraison de données structurées et exploitables. Voici les livrables types :
Ortho-photos géoréférencées
Une image aérienne haute résolution, corrigée géométriquement, sur laquelle chaque pixel correspond à des coordonnées réelles. Elle permet de mesurer des distances et des surfaces directement sur l’image, et de superposer les plans du projet pour vérifier la conformité de l’avancement.
Modèle numérique de surface (MNS) et modèle 3D
La reconstruction 3D du chantier à partir des photos aériennes offre une vision complète du site. Le modèle peut être visualisé dans un navigateur web, exporté en nuage de points pour vos logiciels métier ou intégré à votre maquette BIM.
Rapport comparatif
Pour les suivis récurrents, un rapport comparatif met en évidence les évolutions entre deux survols : avancement des travaux, variations volumétriques, écarts par rapport au planning. Ce document synthétique facilite la communication avec les parties prenantes du projet.
Retrouvez des exemples concrets de livrables sur notre page réalisations.
Checklist de préparation : récapitulatif
Avant chaque survol drone, vérifiez les points suivants :
- Zone de décollage dégagée et accessible
- Coordonnateur SPS et équipes informés de la date et de l’heure
- Zone d’exclusion au sol définie et balisée
- Arrêt des grues et engins de levage planifié
- Travaux générateurs de poussière suspendus si possible
- GCP en place et visibles (si précision centimétrique requise)
- Conditions météo vérifiées la veille et le matin du vol
- Interlocuteur disponible sur site pour valider le périmètre
Anticipez pour des données exploitables
Un survol drone bien préparé produit des données fiables, précises et directement exploitables dans vos outils de gestion de projet. Le temps consacré à la préparation est largement compensé par la qualité des livrables obtenus et la fluidité de l’intervention.
Nous accompagnons les professionnels du BTP à chaque étape, de la planification des survols à la livraison des données traitées. Consultez notre offre complète de suivi de chantier par drone pour découvrir l’ensemble des livrables disponibles.
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